"C'était cette impression, je ne trouve pas les mots,
lorsque je me réveillai
- un instant, on sort du sommeil, tout est limpide, on croit le saisir pour disparaître aussitôt -
qu'on m'abandonna toujours,
peu à peu,
à moi même, à ma solitude au milieu des autres,
parce qu'on ne saurait m'atteindre,
me toucher,
et qu'il faut renoncer,
et on renonce à moi, ils renoncèrent à moi,
tous,
d'une certaine manière,
après avoir tant cherché à me garder auprès d'eux,
à me le dire aussi,
parce que je les en décourage,
et parce qu'ils veulent comprendre que me laisser en paix,
semblant ne plus se soucier de moi, c'est m'aimer plus encore.
Je compris que cette absence d'amour dont je me plains
et qui toujours fut pour moi l'unique raison de mes lâchetés,
sans que jamais jusqu'alors je ne la voie,
que cette absence d'amour fit toujours plus souffrir les autres que moi.
Je me réveilai avec l'idée étrange et désespérée et indestructible encore
qu'on m'aimait déjà vivant comme on voudrait m'aimer mort
sans pouvoir et savoir jamais rien me dire."
Juste la fin du monde, Lagarce.
rire-d-et0ile
20 ans
France
» Suite
Ce blog n'a pas encore d'articles.